Chapter 2
1 Cyrus 1 étant roi des Perses 2, le Seigneur, pour accomplir la parole qu’il avait prononcée par la bouche de Jérémie 3,
- Ce qui est rapporte ici jusqu’au v. 16 est pris presque mot pour mot de 1 Esdr. 1, 1-11.
- Il est dit, I Esdr. 1, 1, que ce fut la première année du règne de ce prince [non sur la Perse seulement, mais sur le royaume, formé de la réunion de la Médie et de la Babylonie à la Perse].
- [Voy. le chap. précédent, vers. 57 et 58, et les notes ; ces deux versets, comme I Par. , 21, rappellent la prophétie de Jérémie.] L’auteur dit ici que les soixante-dix années que devait durer, la captivité prédite par ce prophète étaient accomplies, et que le temps approchait de la délivrance des Juifs, de leur retour en la terre promise, et du rétablissement du temple et de la ville de Jérusalem.
2 toucha le cœur de ce prince, qui envoya aussitôt des lettres dans tous les lieux de sa domination 1,
- Litt. : et il fit publier dans tout son royaume cette ordonnance, même par écrit ; ainsi I Esdr. i, 1.
3 Elles étaient écrites en ces termes : Voici ce que dit Cyrus, roi des Perses : Le Dieu d’Israël, le Seigneur souverain 1, m’a établi roi sur toute la terre 2.
- Litt. : le Très-Haut.
- 1 Esdras 1, 2, porte : Les royaumes de la terre ; hyperbole pour dire : les royaumes de l’Asie.
4 Et il m’a ordonné 1 de lui élever un temple 2 à Jérusalem, qui est en Judée.
- Par son prophète (Isa. , 28, et , 1 et suiv.), ainsi que je l’ai lu moi-même. Josèphe (Antiq. liv. , 1, ch. 1) assure que Cyrus avait lu cette prophétie d’Isaïe. Citons cet historien. « Dieu, dit-il, mit dans le cœur de Cyrus d’écrire la lettre suivante et de l’envoyer par toute l’Asie : Nous croyons que le Dieu tout-puissant qui nous a établi roi de toute la terre est le Dieu que le peuple d’Israël adore ; car il a prédit par ses prophètes que nous porterions le nom que nous portons, et que nous rétablirions le temple de Jérusalem consacré à son honneur dans la Judée. – Ce qui faisait ainsi parler ce prince, continue l’historien, c’est qu’il avait lu dans les prophéties d’Isaïe, écrites deux cent dix ans avant qu’il fût né, et cent quarante ans avant la destruction du temple, que Dieu lui avait fait connaître qu’il établirait Cyrus roi sur diverses nations, et lui inspirerait la résolution de renvoyer son peuple à Jérusalem pour y bâtir son temple. Cette prophétie lui donna une telle admiration que, désirant l’accomplir, il flit assembler à Babylone les principaux des Juifs, et leur dit qu’il leur permettait de retourner en leur pays, » etc.
- Litt : De lui bâtir une maison.
5 Que tout ce qui se trouve de Juifs 1 parmi nous s’en retournent à Jérusalem, et que leur Dieu soit avec eux.
- Juifs, même fugitifs, en quelque lieu qu’ils demeurent — Voy. 1 Esdras, 1, 4.
6 Que tous les peuples voisins les aident de leur or et de leur argent ;
7 De toutes sortes de dons, de leurs chevaux, de leurs bêtes de voiture et des autres choses que chacun de vous s’obligera de consacrer au Seigneur dans le temple de Jérusalem 1.
- Litt. : Pour la construction et la décoration du temple du Seigneur qui est en Jérusalem. Le latin porte : in œdem Domini, etc. ; ainsi le grec.
8 Alors les chefs des tribus et des villes de Juda et de Benjamin 1, les prêtres et les lévites à qui le Seigneur inspira de retourner à Jérusalem et d’y relever son temple ; tous ceux enfin qui demeuraient aux environs,
- Tant les Juifs que les Chaldéens qui voulurent plaire à Cyrus.
9 vinrent offrir leur or, leur argent et leurs chevaux 1, pendant que plusieurs autres faisaient des vœux que le Seigneur formait lui-même dans leurs cœurs.
- Outre ce qu’ils avaient offert volontairement. — Voy. II Esdr., 1, 6, conféré avec 4.
10 Le roi Cyrus ayant pris les vases sacrés que Nabuchodonosor avait transportés de Jérusalem, et qu’il avait consacrés à l’idole,
11 les donna à Mithridates 1, qui était garde de ses trésors.
- I Esdras 1, 8, ajoute : fils de Gazubar.
12 Et Mithridates les remit par son ordre entre les mains de Salmanasar 1, gouverneur de Judée.
- I Esdras 1,8, le nomme Salmanasar ; c’est une erreur grossière des copistes : c’est le surnom que Zorobabel avait reçu des Chaldéens.
13 Voici le nombre de ces vases : deux mille quatre cents urnes d’argent, trente tasses d’argent, trente fioles d’or, deux mille quatre cents d’argent, et mille autres vases 1.
- 1 Esdras 1, 9, dit : Trente coupes d’or, mille coupes d’argent, vingt-neufs couteaux, trente tasses d’or ; et 10 : quatre cent dix tasses d’argent pour de moindres usages, et mille autres vases.
14 Tous les vases d’or et d’argent étaient au nombre de cinq mille huit cent soixante 1.
- 1 Esdras 1, 11, dit : cinq mille quatre cents vases, tant d’or que d’argent.
15 Et ils furent comptés à Salmanasar 1 et à tous les captifs qui retournaient à Jérusalem 2.
- Voy. la note 566.
- Autr. suivant Esdras , 11, qui dit : Sassabasar les emporta en même temps que les captifs qui étaient en Babylone retournèrent à Jérusalem. Ce Sassabasar est Zorobabel ; les Chaldéens changeaient ainsi fort souvent les noms des captifs. Ce que dit ici l’auteur est opposé à ce qu’il rapports lui-même au verset 57 du ch. IV ci-après.
16 Or 1, sous le règne d’Artaxerxès, roi des Perses, quelques-uns de ceux qui étaient en Judée et à Jérusalem : Balsanius 2, Mithridates, Sabellius 3, Rathimus, Balthemus, Samelius 4, le secrétaire, ceux enfin qui habitaient la Samarie et les lieux d’alentour, écrivirent au roi Artaxerxès la lettre suivante :
- Ceci, depuis ce verset jusqu’au 31 est copié sur I Esdras IV, 7-24. – Voy. aussi Josèphe, Antiq., liv. , ch. 2.
- Autr. : Beselam. — Voy. 1 Esdr. , 7. Cette différence ne vient que de la différente leçon des voyelles hébraïques, et de ce que les traducteurs ont latinisé le nom, et ainsi des noms suivants.
- Autr. : Thabeel ou Tabeet. — Voy. I Esdras, ibid. Les copistes ont pris le teth pour le schin, c’est-à-dire le ט pour un ש, lettres qui ont quelque ressemblance, et dont la première équivaut à th ou t, la seconde au son fort de ch dans chercher, son que les Latins et les Grecs ne pouvaient représenter que par l’s et le σ.
- Autr. : Reum Beeltéem, Samsai. — Voy. I Esdras , 8. Ces changements doivent être attribués à la négligence des copistes. Par rapport à Reum, il y en a qui lisent Rahumus ; et à l’égard de Samsai, d’autres lisent Sellesius. [On a vu un mot propre dans Beelleem, mais ce n’est qu’un nom qui exprime la qualité de Reum, et qui se traduit par intendant des finances, ou président du conseil, ou préteur royal. — Voy. le verset suivant.]
17 Seigneur, vos serviteurs, Rathiffius l’inspecteur 1, Sabellius le secrétaire, et ceux de votre cour que vous avez établis gouverneurs de la Célésyrie et de la Phénicie, vous saluent.
- Litt. : qui était préposé aux affaires extraordinaires.
18 Que le Seigneur, notre roi, sache que les Juifs renvoyés de Babylone viennent à Jérusalem, cette ville rebelle et perfide ; qu’ils en relèvent les murailles, qu’ils bâtissent les rues 1, et qu’ils rétablissent le temple.
- Litt. : les tours. Le mot grec signifie les marchés, les places publiques, et les lieux d’assemblées. La Vulgate, I Esdr. 1, 12, dit : les maisons ; l’hébreu : les fondements.
19 Si l’on n’arrête ces entreprises, ils refuseront non-seulement de payer les tributs, ils seront même en état de résister aux rois.
20 Et parce que le temple s’avance de jour en jour, nous avons cru qu’il était important de ne rien négliger à cet égard ;
21 Mais d’en avertir le Seigneur notre roi, afin que s’il le juge à propos, l’on consulte les Annales de ses pères.
22 Il y trouvera des avis que ses prédécesseurs ont laissés sur ce sujet, et il apprendra que cette ville a toujours été rebelle, qu’elle n’a cessé de troubler la tranquillité des rois et des nations ;
23 que les Juifs ont toujours été portés à la révolte, que de tout temps ils ont suscité des guerres, et que c’est pour cela même que leur ville a été détruite.
24 Maintenant donc, Seigneur notre roi, si vous permettez que les Juifs rebâtissent leur ville et qu’ils relèvent leurs murailles, sachez que vous vous fermez l’entrée de la Célésyrie et de la Phénicie.
25 Alors le roi écrivit la lettre suivante à Rathimus, son inspecteur, à Balthemus 1, à Sabellius, son secrétaire, aux autres intendants et aux habitants de Samarie et de Phénicie :
- Voy. le verset 16 et la note 574, et conférez avec I Esdras , 17.
26 Après avoir lu la lettre que vous m’avez écrite, j’ai fait consulter les histoires de mes pères, et il s’est trouvé que Jérusalem a été de tout temps ennemie de la domination ;
27 que le peuple qui l’habite est un peuple rebelle ; toujours prêt à prendre les armes contre l’autorité la plus légitime, et a eu des rois puissants à qui la Phénicie et la Célésyrie ont payé des tributs.
28 Maintenant donc j’ai ordonné qu’on les empêchât de bâtir leur ville, et que l’on fît cesser tous les travaux ;
29 de peur que leur malice n’augmente de plus en plus, et qu’un jour elle ne puisse troubler la tranquillité de notre empire.
30 Après qu’on eut fait la lecture de ces lettres, Rathimus, Sabellius le secrétaire, et les autres intendants, se rendirent en diligence à Jérusalem avec des troupes de cavalerie et d’infanterie. Alors l’ouvrage du temple fut interrompu ; on n’y travailla point jusqu’à la deuxième année du règne de Darius, roi des Perses.